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Moi, rôliste... ce que m'a apporté le jeu de rôle (2/2)

Moi, rôliste

Suite de notre article faisant partie de la campagne « Moi, rôliste », visant à expliquer ce qu’est le jeu de rôle et ce qu’il m’a apporté à titre personnel. Suite et fin, nous retournerons aux conseils de MJ la semaine prochaine. En attendant, voici donc plusieurs autres domaines où je dois beaucoup au jeu de rôle.

Culture, histoire et littérature

Un autre apport du jeu de rôle que je ne saurais contester, c’est une culture générale, une curiosité, que je n’aurai pas eu en pratiquant d’autres loisirs. Faire du jeu de rôle, c’est lire, c’est se plonger dans des ouvrages pour trouver des informations, établir des éléments et préparer une histoire, un jeu, à partir de ces informations. Il faut donc se plonger dans une masse de documents et savoir relever les données pertinentes. Pas étonnant donc que je me sois plongé, pour préparer des jeux et des scénarios, dans de la matière culturelle et historique. C’est d’autant plus vrai dans le travail sur des jeux ou scénarios historiques : j’ai pu ainsi me plonger dans l’histoire des Comtes d’Artois, de la forêt de Sénart, de la ville de Rouen ou encore dans l’univers littéraire de Rabelais, de Homère ou de Flaubert pour préparer des scénarios de jeu de rôle. Dans le cadre de jeux de rôle scientifiques, pédagogiques ou uchroniques, j’ai pu parcourir des encyclopédies pour découvrir des pays éloignés (la montagne au Népal, la civilisation maya, la ville d’Atlanta…) pour préparer des parties ou scénarios de jeu de rôle. Faire du jeu de rôle, c’est donc s’intéresser et se plonger dans la richesse de la culture, de l’histoire ou de la géographie.

Accessoirement (mais nul ne niera que c’est utile), j’ai aussi appris l’anglais grâce au jeu de rôle. Les suppléments de jeux de rôle non traduits des années 90 m’ont « forcé » à me mettre à l’anglais pour décrypter ces ouvrages, le dictionnaire à la main. Une pratique plus écrite qu’orale, certes (il faudra attendre que j’aille à l’étranger pour mieux maîtriser l’oral), mais qui m’a définitivement permis d’acquérir un vocabulaire riche en anglais et une bonne maîtrise de la langue. Que peut-on apprendre d’autres par passion pour le jeu de rôle ? La création d’un blog, la gestion d’une association, l’organisation d’un événement… la liste pourrait être très longue.

Pour la vie de tous les jours 

Dans un cadre plus personnel, le jeu de rôle est une véritable école de la vie. On se révèle beaucoup plus qu’on ne le pense autour d’une table de jeu de rôle et c’est là où l’on apprend le plus sur soi et sur les autres.

On apprend à travailler en équipe. Le jeu de rôle est un jeu fondamentalement collaboratif : il faut communiquer avec les autres, savoir les écouter, et construire ensemble une solution au problème. « Le pont est cassé, il faut le reconstruire : moi je suis costaud je te ramasse du bois, toi tu es charpentier, tu créés la structure, toi tu es agile tu vas aller à l’eau pour fabriquer le pont et soutenir… » Jouer des forces et des faiblesses de chacun, collaborer face à l’adversité, c’est le cœur même du jeu de rôle. Toute la beauté de la chose, c’est quand on arrive à transposer cela dans la vraie vie : travailler en équipe autour d’un projet, qu’il soit professionnel, associatif ou personnel, c’est exactement la même chose : jouer des forces et des faiblesses de chacun, se décider ensemble sur la meilleure marche à suivre et réagir en cas d’imprévu ou d’échec pour trouver une autre solution, ensemble. Le jeu de rôle m’a appris cela. Je ne suis pas parfait, j’ai aussi mes défauts, mais en tout cas, le jeu de rôle m’a beaucoup aidé à mieux me connaître pour la vie de tous les jours.

Le jeu de rôle permet aussi d’apprendre à gérer l’adversité. Parfois, je me plais à voir la vie comme un jeu : le scénario ne serait pas drôle s’il n’y avait pas d’obstacles, de complications et de « monstres » à affronter. Beaucoup de gens se plaignent de leur vie et voient les choses en noir à la moindre complication ou difficulté. Comme dans un jeu de rôle, j’essaie de voir tout cela comme des complications, des obstacles à affronter qui m’aideront à gagner de l’expérience, à apprendre, à développer mes compétences. Et donc je m’attèle à faire des actions concrètes ou positives pour résoudre ces problèmes et avancer. Chaque mauvaise nouvelle est un obstacle que m’a posé le MJ et que je dois surmonter en élaborant une solution. Chaque action un peu risquée est un jet difficile où je sais que j’ai peu de chances d’y arriver mais où je suis prêt à assumer les conséquences en cas d’échec. Chaque entretien ou rendez-vous important est une joute verbale où je dois essayer de faire triompher mon point de vue ou trouver un compromis avec mon interlocuteur.

Et ce n’est pas pour autant que je prends la vie avec légèreté ou frivolité : une des choses que m’a aussi appris le jeu de rôle, c’est d’assumer ses choix, avec leurs conséquences, heureuses ou malheureuses. Et comme dans un jeu de rôle, dans la vie, il n’y a pas de gagnant ni de perdant. Dans un jeu de rôle, le but, c’est de passer un bon moment avec ses amis autour de la table. Eh bien dans la vie c’est pareil : le but, c’est de passer un bon moment, de profiter de la vie, de vivre des expériences belles et enrichissantes…

 

Et vous, que vous a apporté le jeu de rôle ?

Bons jeux à tous !

Commentaires   

0 #3 Ithildir 30-06-2012 11:31
Bonjour,

Je suis totalement en adéquation avec les points positifs apportés par le jeu de rôle présentés dans les articles !

Pour ma part étant à l'âge adulte (travail et autres obligations diverses et variées), le jeu de rôle crée en plus de tout cela l'occasion de se voir régulièrement entre amis !

Ce n'est évidemment pas le seul prétexte bien entendu, mais les obligations de tout un chacun (famille, travail, etc...) rendent parfois très espacées les retrouvailles entre amis et le jeu de rôle est un bon moyen de se retrouver régulièrement pour partager à la fois notre passion commune mais également pour échanger des discussions toutes autres sur nos vies respectives !

Je pense donc que l'aspect social du jeu de rôle prend encore plus de sens arrivé à l'âge adulte qu'il n'en avait à l'adolescence car à celui-ci le temps manque et les contraintes augmentent. Le jeu de rôle, surtout en campagne apporte donc un bon moyen pour se voir régulièrement arrivé à l'âge adulte !

Rôlistiquement
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0 #2 dragrubis 26-06-2012 13:16
Récemment une collègue m'a demandé si j’étais rôliste (sans arriver à donner le terme rôliste d’ailleurs), parce qu'elle a trouver chez moi un trait de caractère apparemment commun chez nous : je suis toujours content -joyeux en tout cas-, et en même temps très réaliste sur les chances de réussite/échec de quelque chose, tout en étant prêt à assumer l'échec.

Je crois que cette forme de sérénité que nous permet notre loisir après une certaine expérience de celui-ci, est malgré tout du à une forme de détachement de la réalité immédiate. On prends constamment du recul sur tout et on prends nos décisions en jugeant un peu plus loin que la moyenne. Ça fait qu'on se contente plus facilement de ce qu'on a (ça ne nous empêche pas de jouer au loto non plus).

Un peu comme si on était des PJs et que les conséquences ne nous empêcherons pas de tenter à nouveau plus tard quelque chose d'équivalent. La différence avec les autres : nous on le sait! Rien n'est acquis mais du coup rien de négatif n'est définitif. Ou alors ça n'est pas aussi négatif que ça en a l'air et on est capable d'en voir les côtés positifs.
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0 #1 Rappar 26-06-2012 12:18
Et n'oublions pas : le JdR permet de rencontrer des gens formidables (et aussi des cons, mais ceux-là on cesse simplement de jouer avec eux). Des gens cultivés, divers, de tous âges, en général sociables... et si on les voit en dehors du JdR, ils deviennent des amis! :cheer:
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