Préparation du scénario

Aventures subaquatiques : faire jouer en profondeur

Sous marin 

Les quelques commentaires laissés sur notre premier article sur le sujet (un grand merci aux professionnels de la plongée et de la marine qui se sont exprimés avec leur œil de spécialiste) commencent à aborder un peu ces notions : que va faire le groupe de PJ dans les profondeurs de l’océan ? Quelles contraintes mettre en œuvre ? Quel environnement faut-il décrire et simuler ?

Conditions ambiantes

Outre les paysages expliqués dans notre précédent article, il faut souligner la différence de plein d’autres facteurs ambiants lorsque l’on est sous l’eau. La masse des corps, la gravité, l’inertie, sont autant de choses qui sont complètement différentes une fois sous l’eau.

La lumière va par exemple évoluer en fonction de la profondeur. Dans les premiers mètres sous l’eau la lumière du soleil passe encore et donne une certaine luminosité. Par contre, quand on plonge plus profond, on entre dans une zone dite de pénombre, où la lumière est beaucoup plus diffuse. Encore plus bas, c’est la nuit noire, et il faudra absolument avoir prévu des sources de lumières adaptées.

Il y a également des formes de perturbations « climatiques » qui existent sous l’eau. Elles se ressentent cependant beaucoup plus dans les zones près de la surface. En profondeur, l’eau est en général très calme. Le vent (la houle) va jouer sur l’intensité des courants sous marins et donc peut perturber les aventuriers qui viendraient se hasarder en profondeur. Cela peut jouer également sur la température : l’eau froide est plus dense que l’eau chaude. Les courants chauds vont donc avoir tendance à se trouver vers le haut de la colonne d’eau, tandis que les courants froids plongeront dans l’eau. Il existe donc ce qu’on appelle en hydrologie un thermocline, autrement dit la frontière entre la zone chaude et la zone froide. Cette frontière, outre le fait qu’elle sera marquée par un changement brusque de faune et de flore, sera également ressentie par le plongeur, qui peut être surpris du changement de température.

La vie sous-marine

Une chose à considérer si vous envisagez des combats sous-marins : les armes. Les armes coupantes ou tranchantes comme les épées, seront d’une très faible aide sous l’eau, tout comme les armes contondantes comme les bâtons. Ce qu’il faut, pour être au plus efficace, ce sont des armes de perforation ou d’hast : autrement dit lance, harpons, couteaux particulièrement pointus, carreaux d’arbalètes…

N’oubliez pas également que tout ce qui est métallique ou ferreux aura une tendance à la corrosion en milieu aquatique. Le cuivre est donc à privilégier au fer. L’os peut également être un bon choix pour des civilisations plus primitives, car il tiendra bien à la corrosion. Pour créer une armure métallique (en cuivre) attention cela ne pourrait pas se faire par les procédés habituels de forge. Peut être qu’une civilisation sous-marine utiliserait un processus comme l’electrolyse. Mais avec tout de même à nouveau des contraintes : tout matériel électrique ou électronique devrait être complètement isolée et étanche sous risque d’accident très grave : l’eau est conducteur d’électricité, ne l’oubliez pas. Accessoirement n’oubliez pas non plus qu’une explosion serait bien plus mortelle et destructrice sous l’eau : l’onde choc propagée par l’eau dispose de beaucoup plus de force que l’onde de choc propagée par l’air.

Un combat sous marin peut donc être intéressant à mettre en scène pour amener une scène d’action un peu originale. On peut même imaginer qu’il soit mis en scène sur une thermocline (où la différence de densité permet au plongeur de « flotter » entre deux eaux) ou même près de la surface.

Comme on l’a dit plus haut, la lumière est un facteur important, mais pas tant que ça comparé au son : le sonar reste un excellent moyen de communication sous-marin : le son se propage beaucoup plus vite sous l’eau. Le son peut donc être un important facteur culturel et peut surement même être utilisé comme une arme par les civilisations sous-marines.

Enfin se pose la question de la civilisation et de la vie sous-marine. Le choix de vivre sur le fond de l’océan n’est peut être pas le meilleur ou le plus intéressant narrativement, même si le relief des fonds peut amener des situations intéressantes. Par contre les sociétés sous-marines peuvent très bien s’être installées entre deux eaux, sur la paroi d’une falaise ou d’un récif sous marin ou encore sur les pentes d’un volcan sous-marin, où la vie est abondante. Ou bien la vie peut s’être installée dans des « bulles » en flottaison sous-marine, peut être justement en utilisant les thermoclines ou les courants. Les possibilités d’histoires sont alors beaucoup plus importantes et ces civilisations sont moins limitées par le relief du fond marin.

 

Voilà il va être temps de sortir de l’eau après cette pause rafraichissante et salée ! A votre tour d’emmener vos PJs sous la mer !

Bons jeux à tous,

Image ©Hideyoshi 

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